Maroc : branle-bas de combat pour accueillir touristes et Marocains de l’étranger

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REPORTAGE. Avec la réouverture des frontières et la fin des restrictions, le Maroc a mis les bouchées doubles dans une vaste opération de reconquête.

« Marhaba », qui veut dire « bienvenue » en arabe, est le nom de l'opération que le royaume lance annuellement début juin pour accueillir les Marocains résidant à l'étranger (MRE) dans leur pays. Cela fait maintenant deux ans que cette opération n'a pas pu se dérouler à cause de la pandémie et des restrictions de voyage dans le monde entier. Or, ce 5 juin, Marhaba 2022 a été lancée en fanfare par la Fondation Mohammed V pour la Solidarité. Pour cette édition très spéciale, plusieurs changements ont été constatés : un dispositif d'accueil très fluide au Maroc, en France, en Italie et en Espagne, 23 espaces d'accueil ont été mis en place, 17 sites d'accueil installés dans les ports du nord et dans tous les aéroports du royaume. Cette année, deux nouveaux sites ont été ouverts à l'aéroport de Rabat-Salé et à M'Diaq. En plus des services d'assistance médicale, les autorités marocaines ont mis en place des assistants sociaux, des cadres paramédicaux et des volontaires. Bref, plus de 1 000 personnes ont été mobilisées par la Fondation pour le bon déroulement de cette période estivale et les professionnels du secteur se frottent déjà les mains. Mais les bonnes offres et le service doivent suivre le geste et le bel accueil, estiment les analystes.
 

Les retrouvailles au bled

« Les MRE sont ravis et pressés de rentrer au Maroc pour cette période estivale ! Certains sont même rentrés en avance, en bateau. Les prix sont convenables et accessibles. Plus de test PCR obligatoire pour les vaccinés. Tout le monde a hâte de venir dans son pays natal », se réjouit Hayat El Moundir, présidente de l'Association des Marocains du département de l'Isère, depuis la France.

Même esprit vif de la part de Mountassir qui vit en Allemagne et qui rentre au bercail après cinq ans d'absence : « Ça va… Les billets ne sont pas chers du tout, il faut juste les prendre en avance. C'est un secret de Polichinelle. Il ne faut pas venir pleurnicher et dire que les billets sont chers si vous les prenez la veille de votre voyage ! », explique-t-il.

 

À Asilah, ville côtière au sud de Tanger, c'est Hajja Neftaha qui pleure de joie durant les retrouvailles avec sa fille Yasmine qui a le tee-shirt pratiquement mouillé par les larmes de sa maman. « Rien ne peut contenir ma joie. J'ai enfin revu ma fille, ma dorlotée, la lumière de mes yeux. Je remercie le roi Mohammed VI d'avoir rouvert les frontières ! Je pensais qu'avec la pandémie, je n'allais plus revoir ma fille. J'avais perdu le sommeil. J'ai vendu mes bijoux pour lui acheter le premier vol disponible États-Unis-Maroc ! », nous raconte avec émoi Hajja Neftaha.

Cela dit, avant ces retrouvailles, certains ont dû surmonter quelques obstacles…

Marhaba… sous conditions de forme

Pour entrer au royaume, il y a toujours des conditions à remplir eu égard à la situation pandémique qui semble se réanimer ces dernières semaines. Ali, qui vit au Canada et fait souvent des allers-retours Casablanca-Montréal, connaît la chanson : « Il faut présenter un passeport vaccinal valide ou le résultat négatif d'un test PCR ne dépassant pas 72 heures. Et ce n'est pas tout ! Il faut aussi remplir une fiche sanitaire du passager à chaque fois. Bref, il faut disposer d'un schéma vaccinal complet en fonction du pays de provenance », nous apprend-il.

Selon le ministre marocain de la Santé et de la Protection sociale, Khalid Aït Taleb, les autorités sanitaires du royaume ont mobilisé le système de santé pour la surveillance épidémiologique, ses structures et cadres, en vue de faire face – en plus du Covid-19 – à la variole du singe (Monkeypox) et prévenir sa propagation. Les autorités sanitaires ont également pris l'initiative de former des cadres de santé et de les informer de cette maladie, qui n'a jamais existé au Maroc.

En tout cas, et malgré ces restrictions de forme, l'impression globale est claire : dans les ports et les aéroports du royaume, les MRE, tout comme les touristes, semblent joyeux d'atterrir au Maroc. « 150 millions de DH ont été mobilisés pour préparer l'opération de transit, nous apprend Moussa, cadre au port d'Al Hoceima. Tout cet argent a été injecté pour assurer la fluidité et le confort de ce beau monde qui va rentrer au pays. Nous avons pensé à renforcer les capacités d'accueil, sans oublier le confort des voyageurs… » nous confie-t-il.

Et tout compte fait, ces efforts déployés par le Maroc commencent déjà à donner de bons résultats : la première journée de l'opération Marhaba 2022 a enregistré une hausse de 40 % en volume sur les arrivées par rapport à 2019, selon des sources concordantes de la Fondation. En nombre de passagers, cela fait 13 000 personnes rien que le premier jour. Trois millions de touristes sont attendus cette année-là, et les indicateurs inscrivent ce chiffre dans la case des possibles.

Tourisme : des chiffres encourageants et de nouveaux chantiers

Un million et demi de touristes sont déjà arrivés au Maroc entre janvier et avril 2022, selon la ministre marocaine du Tourisme, Fatim-Zahra Ammor. « Cette déclaration officielle est basée sur des chiffres sérieux. Donc d'ici à septembre 2022, nous atteindrons, à l'aise, l'objectif de trois millions de touristes », confirme avec assurance une source parlementaire proche du parti de la ministre, le Rassemblement national des indépendants (RNI).

Lors d'une réunion de travail, la ministre du Tourisme a aussi annoncé qu'en termes de devises, le Maroc a déjà encaissé 1,5 milliard de dollars rien qu'entre janvier et avril 2022. Les recettes, elles, ont dépassé 14,62 milliards de dirhams à fin avril 2022, contre 6,54 durant la même période de 2021, selon l'Office des changes.

Parallèlement, Fatim-Zahra Ammor a plaidé lors de sa récente prise de parole pour le renforcement du tourisme intérieur. Ce dernier représente près de 30 % des nuitées dans les établissements d'hébergement touristique dit EHT, classés au niveau national. D'ailleurs, durant la crise sanitaire, le tourisme intérieur a constitué 50 % des nuitées en 2020 et 69 % en 2021. La ministre a par ailleurs souligné que 72 % des Marocains accordent de l'importance aux prix des prestations touristiques.

source: lepoint.fr

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