Agences de voyages: un premier trimestre 2021 «catastrophique»

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Certaines agences de voyages qui avaient entre 30 et 40 réservations par jour avant la crise liée à la Covid-19, enregistrent actuellement entre 1 à 2 réservations par semaine.

L’évolution de la pandémie, avec l’irruption de nouveaux variants du coronavirus, anéantit les espoirs de reprise d’un secteur qui continue d’être sinistré.

Dans l’optique de ralentir la propagation des variants du coronavirus, les autorités marocaines ont pris la décision de suspendre les vols en provenance et à destination de plusieurs pays, pour ne citer que la Turquie, la Suisse, l’Allemagne et les Pays-Bas.

La France, l’un des principaux partenaires économiques du Royaume, a également décidé de fermer ses frontières aux pays hors UE sauf motif essentiel. L’Hexagone exige un test PCR négatif pour toute entrée sur son territoire. En dépit des campagnes de vaccination qui s’élargissent dans plusieurs pays, l’évolution récente de la pandémie est marquée par l’arrivée des nouveaux variants du coronavirus qui suscitent l’inquiétude des autorités publiques.

Force est d’admettre que le contexte international actuel n’est pas propice à la relance du tourisme marocain. Un secteur sinistré par la pandémie en 2020 et qui avait généré plus de 78 Mds de DH en 2019. Le coronavirus s’est aussi avéré néfaste pour les plus de 1.400 agences de voyages que compte le Royaume, avec à la clef 11.000 emplois directs. L’évolution récente de la pandémie a quelque part gelé les espoirs des professionnels évoluant dans ce secteur. Ceux-ci tablaient sur un frémissement au premier trimestre 2021.

La désolation prend le pas

Interrogée sur l’activité au premier trimestre 2021, Fatiha El Jafri, responsable département tourisme de Tam Voyages DMC, décrit une situation désastreuse. «Pour l’heure, nous recevons entre 1 à 2 réservations par semaine. Sachant qu’avant la crise, le nombre de réservations oscillait entre 30 à 40 par jour. Notre équipe était tout le temps prise à cause du business corporate de l’agence avant la pandémie», révèlet-elle.

Pire encore, le nombre de réservation de la part des entreprises tourne autour de deux par mois. Notre interlocutrice évoque également les conditions draconiennes pour quitter le Maroc et se rendre en France. Ce qui ne favorise guère les voyages d’affaires. «Par exemple, un de mes clients qui était juste en transit en France pour se rendre aux USA, a eu du mal pour partir de l’Hexagone. Les autorités exigent un motif impérieux pour la sortie», explique-t-elle.

Là où le bât blesse

La baisse drastique de l’activité a contribué au recul conséquent du chiffre d’affaires des agences de voyages au cours des deux premiers mois de 2021. Les agences de voyages en difficulté ont eu la possibilité de recourir à l’indemnité forfaire mensuelle de la CNSS mise en place dans le cadre du Comité de veille économique (CVE) et financée par le Fond spécial Covid-19. Rappelons que l’indemnité, qui sera servie jusqu’au mois de mars 2021 aux salariés et aux employés sous contrat d’insertion en arrêt provisoire de travail, se chiffre à 2.000 DH.

Certains patrons d’agences de voyages ont opté pour la réduction des heures de travail (1 jour sur 2) afin de garantir aux employés la moitié de leur salaire. Les structures qui ont les reins solides, ont fait l’effort de laisser intact le salaire de leurs employés dans un premier temps, avant de revenir sur cette décision en réduisant les heures de travail.

Notre interlocutrice est formelle. Plusieurs agences de voyages ont tout simplement fermé. «Malgré les crédits garantis par l’Etat dans le contexte pandémique ainsi que les multiples mécanismes mis en place (reports d’échéances de crédits, d’impôts et de cotisations sociales), plusieurs entreprises de voyages qui n’ont pas de fonds propres importants n’ont pas tenu le coup», regrette la responsable de TAM voyages DMC, qui fait remarquer que l’absence de rentrées d’argent régulières pour la plupart des agences de voyages remonte à début mars 2020.

Au final, pour ce qui est de l’activité pour l’année en cours, les professionnels préfèrent être prudents et surtout ne pas nourrir de faux espoirs. «Nous attendons de voir. Tout dépendra de l’évolution de la situation pandémique dans les pays européens et à l’échelle nationale. Il est impossible d’envisager le retour à la normale sans l’éradication de ce fléau. Ce qui risque de prendre encore du temps», conclut Fatiha El Jafri.

source: fnh.ma

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