
Covid-19 : le tourisme intérieur, un choix stratégique ou une porte de secours ?
n’est pas à son premier plongeon. Il reprendra ses forces grâce à l’appui des pouvoirs publics. Ces derniers développeront pour les circonstances une stratégie favorisant le tourisme intérieur. Seulement, ce dernier ne doit pas être la porte de secours mais le cœur d’une nouvelle stratégie sectorielle.
Entre le Maroc et le tourisme, c’est une histoire d’amour qui date. Le penchant physiocratique de la politique économique du Maroc, considérant que la nature est seule source de richesses, fait du tourisme un choix stratégique. Ce choix, en dehors de quelques débâcles généralement subies, a su aux yeux de plusieurs analystes être payant. En effet, le secteur contribue en 2018 pour 6,9% au PIB national, contre 6,8% en 2017. Il représente 16,84% des exportations en 2018, contre 16,24% en 2017. Il contribue sérieusement à l’allègement du déficit de la balance de paiement. En effet, le taux de couverture de la balance voyages s’est établi en 2019 à 3,76 contre 3,93 en 2018.
Seulement, et bien que comparaison n’est pas raison, le Maroc semble avoir misé sur le mauvais cheval. En générant une recette de l’ordre de 9,52 Mds $ au titre de l’année 2018, le secteur touristique marocain est loin de rivaliser avec les pays avec lesquels nous partageons l’espace méditerranéen ou continental. Pour les amateurs des chiffres, nous rappelons qu’au titre de la même année, l’Espagne a réalisé une recette de l’ordre de 81,25 Mds $, le Portugal a réalisé une recette de 15,48 Mds $, la Grèce a réalisé une recette de 21,59 Mds $ et l’Egypte a réalisé une recette de 12,70 Mds $. Les recettes touristiques du Maroc ont réalisé un taux d’accroissement annuel moyen de 3,39% entre 2012 et 2019.
Sur le plan du nombre des arrivées, le Maroc a accueilli, au titre de l’année 2018, 12.289.000 touristes, alors que l’Espagne en a accueilli 83.773.000, le Portugal a reçu 16.186.000 touristes, la Grèce a enregistré 30.123.000 entrées et l’Egypte a affiché 11.196.000 entées. Le nombre des arrivées au Maroc a réalisé un taux d’accroissement annuel moyen de 4 ,62% entre 2012 et 2019.
Il ressort que les arrivées croient de façon plus importante que les recettes. Ce constat révèle une réalité dont souffre le tourisme national, à savoir qu’une bonne partie de la dépense touristique n’atteint pas l’économie nationale.
Sue le plan de la contribution du secteur touristique à la richesse nationale, actuellement établie à 6,9%, elle s’avère inférieure à, la moyenne mondiale fixée à 9,10%. Le compte satellite du tourisme émis par le HCP, au titre de l’année 2018, fait apparaitre que la production du tourisme est passée de 109,31 Mds DH en 2017 à 115,55 Mds DH en 2018. La valeur ajoutée du secteur est passée de 58,13 Mds DH en 2017 à 61,58 Mds DH en 2018.
Nul ne peut ignorer l’effet important du tourisme sur l’emploi. En effet, ce secteur occupe plus de 900.000 emplois directs. Mais la valeur ajoutée du secteur ne renseigne pas sur son impact macro-économique. La valeur ajoutée du secteur est victime de plusieurs fuites qui viennent altérer le rendement global de ce secteur dans l’économie nationale. Ces fuites sont d’ordre aussi bien interne qu’externe.
Les fuites du secteur
En effet, le Maroc, en mangeant dans les mains des tour-opérateurs, permet à une bonne partie du prix du voyage de ne pas quitter le pays émetteur. A titre indicatif, ces tours opérateurs préfèrent traiter avec leurs propres compagnies aériennes ou encore avec les compagnies locales. Sachant que, et selon les statistiques de l’Organisation Mondiale du Tourisme, 6 touristes sur 10 arrivent dans leurs pays de destination par les airs et que 46% à 58% du prix du voyage est constitué par le transport aérien, la déperdition s’avère alors conséquente.
source:ecoactu.ma




