
Droits des femmes : « Pourquoi il y a un paradoxe marocain »
ENTRETIEN. L’historien Pierre Vermeren est l’un des invités du débat que « Le Point » et le barreau de la Charente organisent ce vendredi 30 août, dans le cadre du Festival du film francophone d’Angoulême.
e Code de la famille marocain (la Moudawana), promulgué en 2004, a permis plusieurs avancées pour les femmes mais cette réforme majeure s’est heurtée, dans la pratique, à de nombreux obstacles, révélant ainsi ses faiblesses. Pour « corriger ces imperfections », s’agissant notamment de l’interdiction de la polygamie et du mariage des mineur(e)s, le roi Mohammed VI a nommé il y a quelques mois une commission chargée de lui faire des propositions de réforme.
Les prescriptions de cette assemblée, composée de représentants du gouvernement, de hauts magistrats et de religieux, sont désormais entre les mains du souverain, dont on attend les arbitrages. Rien n’a filtré sur les intentions du monarque, qui a tout de même manifesté sa volonté de « lever certains obstacles », tout en rappelant, en sa qualité de « Commandeur des croyants », qu’il « ne ferait rien pour autoriser ce que Dieu a prohibé ». Partant, l’égalité entre les garçons et les filles, en matière d’héritage, et la dépénalisation des relations sexuelles en dehors du mariage ne sont pas à l’ordre du jour. Pour Pierre Vermeren, professeur d’histoire contemporaine à Paris Panthéon Sorbonne, spécialiste du Maghreb et des sociétés arabes, cette situation « illustre parfaitement les paradoxes » du Maroc, entre désir d’ouverture, d’émancipation et de modernité, d’une part, respect de la tradition et des préceptes religieux, d’autre part.




