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Directeur de publication : Mohamed Khartouf
Tourism

Fès célèbre «l’eau et le sacré»

Le festival des musiques sacrées de Fès, programmé du 12 au 20 mai 2017, lancera la saison des festivals du Royaume. Lors de cette 23e édition, «l’eau et le sacré» invitera à un voyage d’exploration du symbolisme de l’eau, et exhortera le monde à se réconcilier avec l’environnement, et à se mobiliser pour l’avenir de la planète. «Tout sauf anodin, le choix de la thématique répond à la nécessité de sensibiliser le plus grand nombre aux problématiques écologiques, dont dépend le sort même de l’humanité», confie Abderrafie Zouiten, président de la Fondation Esprit de Fès, initiatrice du festival. En clair, le festival de Fès se veut une suite et une contribution culturelle à la COP22.

En effet, l’équipe de la Fondation se déplacera, le 10 avril, au Sénat français pour lever le voile sur la nouvelle version de son événement phare. «L’eau, symbole de purification dans le sacré universel et dans la poésie mystique, est en soi une invitation au respect de notre terre nourricière», estime le président du festival. Et d’ajouter: «il faut nous remémorer l’histoire même de Fès, première capitale du Maroc». Pour rappel, l’emplacement de la cité avait été choisi par Moulay Idriss et son compagnon Ameir pour l’abondance de ses sources. Édifiée par les Maallems bâtisseurs, la médina abrite un système hydraulique fascinant de par son ingéniosité, dont le résident ou le voyageur peuvent observer la face la plus apparente.

Côté programme, la nouvelle édition s’ouvrira par une création intitulée «De la source à l’océan», en s’inspirant du verset 30 de la Sourate 21 du saint Coran (Nous avons fait de l’eau toute chose vivante). «Ce spectacle portera un regard à la fois écologique et spirituel sur l’eau comme source de vie. Il résumera des milliers de contes et légendes relatant l’eau, abris des fées, des nymphes, lieu de pouvoirs magiques reliés aux forces de la nature, bénéfiques ou maléfiques», explique Alain Weber, metteur en scène du spectacle, également directeur artistique du festival. Cette création d’ouverture explorera ainsi le monde de l’eau avec une intention écologique et spirituelle.

Elle évoquera tour à tour les fontaines de Fès, l’Amazonie, emblème de la forêt primaire, le langage des siffleurs amazigh du Haut-Atlas et des Canaries, l’Arche de Noé et le déluge, ou encore l’oasis du désert célébrée dans la poésie soufie. Weber promet un spectacle riche en couleurs.
Au fil des spectacles, les festivaliers seront conviés à la symphonie flamenca Poeta du grand guitariste Vicente Amigo, l’opéra de Pékin, et la diva libanaise Majda Roumi, ou encore des artistes des îles du Japon, de la Sardaigne ou de la Crète.  

Par ailleurs, en collaboration avec l’Institut français de Fès et à l’attention particulière des enfants des écoles, sera mis en scène un café de Haute-Egypte avec musique Saïdi, danse et magie, avec la projection d’un film ayant pour protagonistes les enfants musiciens du Nil. A noter, enfin, que le forum de Fès sera dirigé cette année par Driss Khrouz, l’ancien directeur de la bibliothèque nationale de Rabat. Le rendez-vous culturel réunira d’éminents experts autour de la question de «l’eau sacrée». C’est d’ailleurs là où réside la véritable force du festival de Fès: participer à la transmission à travers le temps. En un mot «savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va», car une société privée de la connaissance de son passé voit ses fondements sapés», résume Abderrafie Zouiten. Pour cette édition, l’invité d’honneur sera la Chine.

source: leconomiste

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